mardi 17 février 2009

Ginger Rogers, la mythique partenaire de Fred Astaire





Quelles sont les vedettes féminines des comédies musicales les plus connues du grand public, y compris de ceux qui s’intéressent fort peu à ce genre cinématographique ? Judy Garland vous dirons la plupart des gens. L’autre nom cité sera probablement celui de Ginger Rogers (1911-1995).
Grâce à son duo formé avec Fred Astaire dans les films produits par la RKO dans les années 30, elle est devenue une légende de l’écran.
Fortement encouragée par une maman omniprésente (et cela pendant presque toute sa carrière), Ginger participe très jeune à des spectacles de vaudeville et à des concours de charleston. A l’arrivée du parlant, les studios de cinéma font appel en masse aux nouveaux talents qui s’illustrent sur les scènes new yorkaises et Ginger est engagée pour une série de films où elle incarne des filles peu sérieuses et effrontées.
Parallèlement, elle joue sur les planches, dans le musical « Girl Crazy »de Gerschwin aux cotés de Fred Astaire. On murmure que la toute jeune Ginger (fraîchement séparée de son premier mari) aura une brève liaison avec Fred à cette époque .
Grâce au soutien de Mervyn Le Roy, son compagnon du moment, Ginger décroche deux rôles remarqués dans deux films phare de la comédie musicale « 42ème rue » et « Chercheuses d’or 33 » où elle chante le célèbre « we’re in the money », habillée avec des dollars.
La même année la RKO lui propose un rôle secondaire dans « Carioca » avec Fred Astaire, son ancien partenaire de Broadway.

Si derrière les caméras, les relations entre les deux comédiens sont devenues glaciales, sur l’écran, ils forment un duo magique qui enthousiasme les spectateurs, en dansant la carioca, et volent la vedette à Dolores Del Rio et Raul Roulien, têtes d’affiche du film.
Animé par la même folie et de la même démesure que les films de Berkeley de l’époque, (scènes avec des girls sur les ailes d’un avion), Carioca est un succès. Fred et Ginger se sont catapultés vedettes de La joyeuse divorcée. C’est un régal et un nouveau triomphe. Le très long numéro dansé par le duo, le continental, les rend célèbres dans le monde entier.
Le génie de Fred, son élégance, sa souplesse et son charme indéfinissable s’allient parfaitement avec l’impudence et la fantaisie de Ginger pour les numéros comiques comme « putting all my eggs in one basket de « En suivant la flotte »1936. Néanmoins, Ginger est également une partenaire idéale pour les grands numéros romantiques comme le sublimissime « let’s face the music and dance » du même film ou l’immortel « cheek to cheek » de Top Hat 1935.

Certes, par la suite, Fred aura l’occasion de danser avec de meilleures danseuses sur un plan technique (Cyd Charisse notamment)(on raconte que les claquettes de Ginger étaient post synchronisées par quelqu’un d’autre après le tournage), mais il est vrai que l’alchimie qu’il partage avec Miss Rogers est exceptionnelle, peut être à cause de leur capacité à se plier aux numéros les plus divers (des morceaux fantaisistes, sur patin à roulettes, avec ou sans claquettes, ou intimistes et romantiques avec un égal talent) (Cela dit, c’est une affaire de goût, et certains préfèrent le couple qu’il forma avec Cyd ou Rita). Pour beaucoup, Swing Time (1936) est le meilleur film du duo. Les numéros dansés sont en effet de purs bijoux. Tout en continuant son partenariat avec Astaire, Ginger parait dans de nombreuses comédies et rêve de rôles dramatiques. En fait, elle souhaite briller par elle-même, dans des domaines qu’elle estime plus sérieux que le film musical. Ginger va parvenir à ses fins. Elle met fin au duo avec Astaire après la décevante « grande farandole »1939, seul film du duo où Astaire, symboliquement, meurt à la fin, Ginger aborde le genre dramatique avec Primerose Path et Kitty Foyle. Ce dernier film lui vaudra un oscar. On peut la préférer dans les comédies comme Mlle et son bébé, fort drôle, avec David Niven ou The major and the minor du grand Billy Wilder, une vraie réussite (dans ce film , elle se fait passer pour une gamine).

A l’occasion, Ginger danse encore un peu comme dans la folle histoire de Roxie Hart (remake « Chicago » 60 ans plus tard) ou les nuits ensorcelés (1944), ambitieuse production sur une musique de Kurt Weil, qui sera éreintée par la critique (quelqu’un a-t-il eu la chance de voir ce film et comment l’avez-vous trouvé). On raconte que Ginger, peu sûre de sa performance, sera particulièrement pénible pendant le tournage.
Les films qu’elle enchaîne par la suite sont bien décevants et sa côte ne cesse de baisser au box office. Finalement, Ginger Rogers est trop heureuse d’accepter l’offre de la MGM de tourner à nouveau avec Astaire, revenu entre temps au sommet de sa célébrité, dans un musical. Entrons dans la danse apporte au duo tout le savoir faire des pro de la MGM et comporte des moments délectables. Par contre, il est certain que Ginger a un peu vieilli, et sa déclamation de la Marseillaise n’est guère emballante.
Jusqu’en 1957, Ginger va beaucoup tourner dans des films de tous genres et d’inégale valeur :
Du classique de la comédie « chéri je me sens rajeunir »1952 (ou elle retombe en enfance) à « Storm Warning » un drame sur le ku klux klan où Doris Day est meilleure qu’elle. Elle se prendra aussi un bide considérable au théatre. Par la suite, Ginger ne trouve plus de rôle au cinéma car elle « ne supporte pas la vulgarité du cinéma actuel ».
Dans les années 60, Ginger refera surface grâce à la comédie musicale sur scène. Elle triomphe dans Hello Dolly puis dans Mame. Dans les années 70, entourée de boys, elle donne des shows dans le monde entier, basés sur les chansons de sa période RKO. On l’acclame partout comme une légende alors qu’elle ne danse quasiment plus et susurre ses chansons. Je me souviens qu’elle fut à l’époque accueillie chez Guy Lux avec le plus grand respect, lors de son passage à Paris.
Il semble qu’elle ait fort peu apprécié l’hommage rendu par Fellini dans le charmant film « Ginger et Fred ». Jusqu’à la fin de sa vie, Ginger continuera à participer aux soirées mondaines (dans lesquelles elle se rend en fauteuil roulant). Pour un magazine, elle pose aux cotés de Patrick Swayze, considéré à l’époque de la sortie de Dirty Dancing comme l’héritier de Fred Astaire. Dans l’autobiographie qu’elle a écrit à la fin de sa vie, Ginger , magnanime, reconnaît tout le talent et le génie du grand Fred. En effet, c’est grâce à lui qu’elle restera dans la légende. Dans les illustrations figurant dans son livre, elle inclue un dessin paru dans un quotidien américain avec une dame qui s'émerveille en voyant danser Fred Astaire, et son mari qui lui signale que Ginger avait au minimum autant de talent, car elle devait faire les même pas mais avec des hauts talons



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