dimanche 22 février 2009

Gitte Haenning, yéyé girl du Danemark










Quand on écoute les premiers enregistrements de la chanteuse danoise Gitte Haenning au milieu des années 50, on a ne donne pas cher de son avenir, tant la gamine de 8 ans semblait disposer d’une voix tout à fait quelconque. Pourtant, elle allait faire une belle carrière dans la variété en Scandinavie et en Allemagne dans les années 60. Une popularité qui défie les années, car Gitte remplit toujours les salles de concert, 50 ans après.



Née en 1946, fille d’un chef d’orchestre de jazz, la petite blonde, boulotte et pas vraiment jolie, baigne depuis toujours dans le monde de la musique. Après des débuts fort peu remarquables, la petite danoise, au contact des musiciens de jazz, progresse de 45 T en 45 T. Ses adaptations de grands morceaux de jazz sont particulièrement bien senties. Pourtant ce sont ses versions des succès du moment (Souvenirs Souvenirs de Bill Ramsey qu’elle enregistre avant Johnny Hallyday, une version réussie du I’m sorry de Brenda Lee) qui lui vaudront un joli succès dans son pays, et très vite, elle s’attaque aux marchés étrangers, en adaptant ses tubes en suédois, hollandais et allemand.On la retrouve au cinéma dans plusieurs comédies danoises (dont certaines sont sorties en DVD au Danemark), où elle tient des rôles d’adolescentes. Logiquement, il s’agit souvent de comédies musicales à petit budget, dans lesquelles, elle lance ses nouvelles chansons (comme Princesse pour un jour 1961). Han Hun, Dirch og Dario (1962) ressorti en DVD au Danemark est une plaisante comédie dans laquelle Gitte est touchante et convaincante dans son rôle de nymphète amoureuse d'un chanteur d'opéra qui n'a d'yeux que pour une femme mariée. Sa voix puissante ne sera pas toujours aussi bien mise en valeur par la suite



En 1963, Gitte remporte le festival de la chanson en Allemagne avec une rengaine de cow-boy qui connaîtra un gros succès là-bas. Le prix lui est remis par la grande Marlène Dietrich, tout sourire. On ne sait ce qu’a réellement pensé Marlène de cette chanson très yéyé à l’opposé de son répertoire. On peut, quant à nous, regretter que la jeune chanteuse, malgré ses capacités, se soit du coup galvaudée pendant tant d’années dans un répertoire yéyé des plus légers et des plus basiques.Alors qu’elle est déjà apparue dans quelques schhlagerfilms teutons en guest stars, Gitte se retrouve catapultée vedette. Les films sont plutôt médiocres, mais en général, elle y fait bonne impression, en jeune fille délurée et incontrôlable. Déguisée en gamine pour mieux séduire Peter Weck (1963) dans Liebesgruesse aus Tyrol, jeune comtesse qui fait tourner en bourrique son professeur dans au lit mesdemoiselles (1964), elle révèle un don certain pour la comédie.En 1964, elle enregistre une série de duos avec le chanteur yéyé Rex Gildo, et se prête volontiers à une romance publicitaire complètement bidon avec le chanteur qui cherche par tous les moyens à dissimuler son homosexualité. Leur plus gros succès ensemble « Jetzt dreht die welt »donne lieu à un film du même nom, bourré de chansons.



Toujours plus délurée à l’écran, Gitte joue en 1966 dans un film coquin et déshabillé au titre ambigu « les pipes » de Vojtech JASNY qui aura l’honneur d’être présenté au festival de Cannes.Il est probable, que le film danois de Gabriel Axel « La mante rouge 1967 » qu’elle a tourné l’année suivante est de bien meilleure qualité. En tous les cas, cette version de Roméo et Juliette située à l’époque des vikings semblait avoir tous les ingrédients romantiques pour séduire : combats de loups dans la nuit, photographie superbe, histoire d’amour violente. Si la revue Cinéma 67 n’est guère clémente avec ce film, « qui tente maladroitement de dupliquer l’atmosphère des films de Bergman », j’ai vu sur le net que certains cinéphiles en conservent un excellent souvenir. Quelqu’un sait il si une sortie en DVD est prévue ?


Par la suite, Gitte va se consacrer uniquement à sa carrière de chanteuse, en Allemagne essentiellement. Alors que la plupart des vedettes de schlagers des années 60 tombent aux oubliettes et que la chanson en langue allemande disparaît des hit parades germaniques, Gitte fait figure de rescapée et parvient à garder son succès dans les années 80(notamment avec la version allemande de Woman in love de Streisand) en élargissant son répertoire du jazz à la chanson à texte. Depuis 2001, elle triomphe en tournée avec deux autres chanteuses scandinaves des sixties Siw Malmkvist et Wenche Myhre. En 2006, le succès surprise d’une réédition en coffret CD de ses premiers disques danois a relancé sa carrière dans son pays natal.




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