dimanche 6 novembre 2011

Imane, princesse du cinéma oriental













Jolie comme un cœur, la douce Imane au regard tendre fut sans doute l’une des vedettes féminines les plus populaires de l’âge d’or du cinéma égyptien. Partenaire des plus illustres chanteurs du moyen orient comme Farid El Atrache ou Abdel Halim Hafez, la ravissante comédienne s’est pourtant illustrée autant par sa beauté que par ses talents d’actrice. Au faite de sa gloire, elle a quitté l’écran sans regret pour se marier et mener une vie de famille en Allemagne. Ceci explique sans doute pourquoi l’artiste est si rarement évoquée dans les livres sur le cinéma et même sur Internet : je vous défie de trouver des articles la concernant !
Aussi méritait-elle doublement une page de choix parmi les figures de ce blog, d’autant plus que les amateurs de films populaires égyptiens ne l’ont pas oubliée !

Née au milieu des années 30 en Egypte, Imane a gravi toute jeune les échelons de la notoriété dans les studios Misr. Dès 1955, son rôle de gentille fiancée du fabuleux chanteur Abdel Halim Hafez, la nouvelle coqueluche du public, dans Nuit et jour dans Nuit et Jour a fait d’elle une vedette : un joli film sur la jeunesse, avec des teenagers en vespa et une belle insouciance (avant que les frasques du demi-frère du héros ne viennent tout compromettre). Comment oublie la belle sérénade (ana lak ala too)qu'Abdel Halim lui fredonne comme un troubadour alors qu'elle l'écoute, séduite, au balcon? un joli reflet du cinéma romantique et pur d'autrefois. La fraicheur de la jeune actrice, son sourire charmant lui ont d’emblée valu une place de choix parmi les jeunes filles sages de l’écran entre Chadia et Magda ; Le roman de mon amour (1955) est un mélo majuscule comme on n’en fait plus. Imane y est fiancée à un chanteur célèbre (incarné par le fameux Farid El Atrache). Mais le souverain de l’endroit est aussi épris de la belle, et Farid devra non seulement renoncer à sa belle mais chanter à ses fiançailles avec le roi, par-dessus le marché : il en tombera malade de chagrin, tout en nous livrant au passage quelques chansons très émouvantes.
Abonnée aux comédies musicales (un genre très fructueux à l’époque), Imane est une sage élève aimée d’un prof de musique timide dans « ils m’ont enseigné l’amour « . Ce dernier n’est joué par Saad Abdel Wahab, le neveu de Mohamed, une des premières stars de la chanson arabe du 20ème siècle : bon chanteur mais piètre acteur.
Mais on la distribue aussi dans des films moins légers comme le polar tueurs à gage(57) avec Farid Shawki, en courtier en assurances qui oblige ses clients à souscrire des assurances vie…avant de les assassiner : il parait que l’intrigue était inspirée par des faits réels !
Dans je suis innocente (1960), un mélo policier aussi bavard que médiocre, elle quitte son mari, qu’elle croit mort, pour un cousin dragueur et infidèle.
Enfin, dans un cœur dans la nuit (60), un mélo moralisateur illustré de pages musicales empruntées aux gros succès américains du genre (three coins in the fountain, écrit sur du vent), comme cela était souvent le cas à l’époque , entre roman photo et drame ; Imane n’est plus la jeune fille candide des débuts mais une arriviste qui épouse un homme fortuné pour son argent et le trompe avec son ancien fiancé : la pècheresse perdra l’usage de ses jambes dans un accident de voiture .
Au passage, on notera combien la jolie Imane était soignée par le chef opérateur qui cherchait à la mettre en valeur dans chaque gros plan comme les stars d’Hollywood du moment.
Dans la chanson du bonheur (60), c’est à une autre très grande voix qu’Imane donne la réplique : le regretté Muharam Fouad (lui aussi bien meilleur chanteur que comédien) : un loukoum à l’eau de rose des plus désuets, heureusement rattrapé par de forts jolies chansons. On préférera le rythme endiablé et la jovialité de la comédie « l’amour, l’amour » où la douce Imane offre un charmant contraste avec la capiteuse Hind Rostom, la Marilyn arabe, qui nous a quitté il y a peu.
En 1961, Imane joue la femme d’un champion porté disparu dans un accident d’avion ; le croyant mort, elle se remarie…avant qu’il ne ressurgisse : un sujet souvent traité aux USA, comme vous le constaterez.
Voila, la carrière de la belle brunette s’achève là, après son mariage avec Max Scher , un très riche industriel d’origine autrichienne, avec lequel la belle ira s’installer en Allemagne.
Cendrillon avait trouvé son prince charmant, comme dans certains des films musicaux auxquels elle s’était prêtée de bonne grâce : la fiction avait fini par rejoindre la réalité !

En 2002, Imane a reçu une récompense au 26ème festival du Caire pour sa carrière cinématographique. Elle fut à cette occasion reçue en grandes pompes par l’ambassadeur d’Autriche en Egypte. Un hommage bien mérité à une star heureuse et lumineuse qui n’a rien perdu de sa beauté.

3 commentaires:

  1. merci pour cet hommage rendu à une actrice souvent oubliée mais combien agréable

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    1. Moi je les pas oublier je revois toujours le film kissat hobbi de farid el atrache et j'aimerai savoir toute l'histoire de farid el atrache
      La vraie hiToire d'amour avec narimam merci

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    2. J'espère qu'elle est encore en vie j'aimerai bien la voir en photo
      Aussi charmante que ses films

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