dimanche 15 février 2009

Samia Gamal, ambassadrice de la danse orientale


Continuons l’hommage aux vedettes des films musicaux du monde entier.Aujourd’hui, Samia Gamal, la grande danseuse orientale (1924-1994).


Fille de la haute-Egypte, élevée dans une famille musulmane très pratiquante, la petite Samia accompagne ses parents au Caire. là elle fait la rencontre de Badia Massabni, tenancière d'un cabaret qui lui donne ses premiers cours de danse.Son agilité, sa grâce et sa beauté sont vite remarqués. Samia fait d'abord partie du ballet qui encadre la grande vedette de la danse Tahia Carioca. Badia Massabni, toujours soucieuse d'améliorer la qualité des spectacles qu'elle propose dans sa boite, forme la jeune artiste en lui offrant des cours de danse classique. C'est ainsi qu'en mâtinant les bases de la danse du ventre d'éléments venus du ballet classique européenne (maniement du voile comme la Loie Fuller) et de la danse lation-américaine, Samia Gamal (ce qui signifie la belle en arabe) va se forger son propre style et très vite sortir du rang de simple chorus girl. Fascinée par le cinéma hollywoodien, la danseuse n'hésite pas à importer un peu de glamour occidental en dansant juchée sur de hauts talons. A l'écran, elle fait d'abord de la figuration aux cotés du grand chanteur et joueur de luth Farid El Atrache (un vrai prince syrien) dans son premier film Victoire de la jeunesse dont il partage la vedette avec sa soeur la troublante Asmahan. Il semblerait que la liaison entre Samia et le célèbre chanteur débute à cette époque.
En tous les cas, Samia va devenir la partenaire attitrée de Farid après le décès de sa soeur. Dans des films comme Madame la diablesse, c’est toi que j’aime, elle danse et ondule avec élégance pendant que Farid chante les plus langoureuses mélopées.( On peut noter à cet égard que certains de leurs films sont ressortis en DVD grâce à un travail de restauration qui force le respect : pendant des années les amateurs du genre ont du se contenter de VHS souvent piratées, aux images floues et rayées, et là, on nous offre des films restaurés avec soin : BRAVO !). même si le manque de moyens saute aux yeux dans les productions d'Hollywood sur Nil, certains films possèdent un charme indéfinissable, notamment Mme la diablesse (1949)



C'est toi que j'aime offre à la jolie Samia un beau passage où elle danse sur des tambours géants, illuminés de l'intérieur, à la Busby Berkeley. Les intrigues sont naîves et souvent desservies par le piètre talent d'acteur de Farid, grotesque quand il tente de jouer la comédie. dans ne le dis à personne (1950) son coeur balance entre Samia et la chanteuse Nour el hoda. A la fin du film, il s'apprète à épouser les deux à la fois (selon la loi égyptienne, basée sur la charia, la bigamie est tout à fait légale), avant qu'arrive in extremis un jumeau pour le sortir de ce dilemne.Si Farid et Samia poursuivent toujours leur idylle hors de l’écran, il n’épousera jamais la belle danseuse, ni aucune autre. On raconte que bouleversé par le décés tragique de sa soeur Asmahan, il s'était juré de ne jamais convoler.




En 1949, le roi Farouk, enthousisate fait de Samia "la danseuse nationale d'Egypte". Simple admiration ou coup de foudre? En tous les cas, les rumeurs iront bon train, comme celles prétendant que Farid el Atrache est l'amant de la reine! Quel curieux échange! :? En tous les cas, Farid va quitter Samia pour une autre danseuse : Leila l’Algérienne qui jouera à ses cotés dans ses films suivants sans jamais atteindre la popularité de Samia. Ambitieuse, Samia Gamal tentera alors sa chance à Hollywood, où elle fera sensation dans un cabaret (le Ciro's) avec son numéro de danse du ventre, ce qui lui vaudra une courte apparition dans les Mines du Roi Salomon. Cela dit, elle ne deviendra pas une superstar à Hollywood, comme elle l’avait annoncé un peu présomptueusement dans les journaux. En revanche, sans jamais trahir la danse orientale, elle profitera de cette expérience américaine pour amener quelques touches occidentales à ses numéros, et atteindre la plénitude de son art



Parmi ses films des années 50, on se souvient de sa lumineuse apparition aux cotés de Fernandel dans Ali Baba (1953) et du film « Un verre une cigarette »(1955) de Niazi Mostafa avec Dalida qui comporte peut-être ses plus jolis ballets, en tous cas ses plus oniriques. Non seulement les chorégraphies sont impeccables, mais Samia Gamal y est particulièrement mise en valeur. Par son charme, sa grâce, son sourire conquérant et son assurance, on peut trouver chez Samia un petit quelque chose d’Ann Miller. Samia est la partenaire d'Omar Sharif, dans Rendez-vous avec l'inconnu (1958) un film noir vraiment minable, où elle incarne une espionne. Ele fut bien meilleure dans l'excellent passage des miracles (1961) d'après Naguib Mahfouz, en fille perdue, alcoolique et désabusée dans une boite de nuit.La société égyptienne connaissant de profonds changements au cours des années 60, les danseuses ne sont plus très demandées à l'écran, aussi Samia se rabat sur des rôles dramatiques.


Le mariage de Samia avec un milliardaire texan sera de courte durée mais fera beaucoup parler d'elle dans les journaux, de même que son union avec Roshdy Abaza, acteur très populaire et grand séducteur à la fine moustache (dont la carrière et les amours tumultueuses viennent d'inspirer une série TV en Egypte).Samia Gamal va poursuivre sa carrière à l'écran jusqu’au début des années 70 et danser dans des cabarets jusque dans les années 80. A la fin de sa vie, réfugiée dans ses souvenirs et dans sa solitude, l'actrice recueuillit avec surprise l'hommage rendu par la cinémathèque française. Elle est décédée d'un cancer en 1994 dans un relatif anonymat.A noter, pour les amateurs de danse orientale, qu’il existe un DVD avec des extraits choisis des meilleures scènes de danse de Samia. Là aussi, la qualité est irréprochable.

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