
Vedette de cinéma des années 30 au regard magnifique, partenaire des plus célèbres chanteurs d’avant guerre, Yvette Lebon va fêter ses 100 ans dans quelques mois. L’occasion de rendre hommage à une des plus belles actrices de l’histoire du cinéma français, avec laquelle je n’ai aucun lien de parenté proche, même si nous partageons le même patronyme. Une carrière un peu chaotique qui s’étale sur plus de 40 ans, même si peu d’œuvres marquantes s’en détachent, la comédienne ayant toujours favorisé, par goût personnel ou par stratégie les spectacles populaires et les films de genre de l’opérette aux péplums en passant par les films de cape et d’épée.
Née en 1910 à Paris, Yvette Lebon prend très jeune des cours de danse et

Mais Yvette Lebon va surtout paraître dans des films musicaux aux cotés des chanteurs les plus populaires du moment. Dans Marinella(1936) ,un énorme succès commercial, elle est une modeste dactylo qui se produit incognito dans des spectacles sous le nom de la chanteuse masquée . Le sort faisant bien les choses, elle s’éprend du chanteur masqué, Tino Rossi. Inutile de rappeler que la rumba Marinella

Après le chanteur corse, c’est au tour du chanteur avignonnais Antonin Berval de chanter la sérénade à Yvette dans Romarin (1937) et notamment « qu’il est beau le chemin ». C’est en effet la grande vogue des opérettes méridionales de Vincent Scotto (auteur de la musique du film et de tant de ritournelles inoubliables) dont la popularité et la bonne humeur communicative gagne la France entière.
Dans un autre registre vocal mais sur un scénario du même acabit, c’est ensuite Jean Lumière (encore dans un rôle de chanteur incognito!) qui chante la romance aux cotés d’Yvette. Spécialisé dans le répertoire de Delmet, réputé pour la clarté de sa voix et la délicatesse de ses interprétations, il interprète ici des airs de Paul Misraki. Après ce t autre succès commercial, Yvette est la vedette sur scène de l’opéra bouffe d’Albert Willemetz et d‘Arthur Honegger (!) « les petites Cardinal »

Lors du tournage de Gibraltar (1938), un drame de guerre de Fedor Ozep, elle fait la rencontre de Roger Duchesne qui devient son premier mari. L’actrice adopte alors un look plus naturel en abandonnant les teintures platinées. Les revues de cinéma donnent des conseils aux spectatrices qui voudraient lui ressembler. Ciné Miroir recommande de « ne p

Yvette Lebon est très active pendant l’occupation; Déjà séparée de Duchesne, on la voit beaucoup au bras de Jean Luchaire président de la corporation nationale de la presse française, grand séducteur devant l‘éternel avec lequel elle aurait fréquenté les soirées du tout Paris et des endroits aussi peu recommandables que le siège de la gestapo française si l’on se réfère aux romans de Patrick Modiano . Corinne, la fille du célèbre collaborateur dressera d’ailleurs un portrait fort peu flatteur d’Yvette dans son autobiographie, à laquelle elle décoche quelques piques venimeuses. En attendant, la belle Yvette est fréquemment en couverture de Toute la vie, Vedettes et des quelques revues sorties pendant la guerre. Elle donne la réplique à Charles Trenet dans la romance de paris (1941), encore un film sans ambition sur les difficultés d’un aspirant au vedettariat dirigé par Jean Boyer spécialiste du musical français. En 1943, Yvette Lebon rencontre Sacha Guitry dont elle va

A la fin des années 40, Yvette Lebon rencontre le producteur Nathan Waschberger, qui avant-guerre s’est chargé de la distribution en Belgique de films américains avant de travailler avec George Jessel. Il va offrir à son épouse qui n’a plus rien joué depuis des années des rôles de femmes fatales dans les films « grand public » de qualité souvent discutable qu’il produit en Italie. En tous les cas le premier de la liste est plutôt réussi : il s'agit d'une nouvelle version des trois mousquetaires, au rythme haletant. Après Lana Turner elle incarne une convaincante Milady de Winter dans Milady et les mousquetaires (1952) aux cotés de la star hollywoodienne Rossano Brazzi. La caméra de Cottafavi, un pro du cinéma de genre, s’attarde sur l

Yvette Lebon a perdu son mari en 1992. Son fils Patrick a pris la relève. Président de Summit Entertainment, il a notamment produit M et Mme Smith en 2006 avec Brad Pitt, un gros succès commercial.
Yvette Lebon était présente en mars dernier lors de l'inauguration à Cannes d'une allée dédiée au grand crooner français Jean Sablon.
Les films qu’Yvette a tourné avec Tino Rossi et Trenet sont disponibles en DVD. L'occasion de redécouvrir celle qui fut la plus ravissante actrice du cinéma français.


comme quoi M jeanson , qui a vu clair pour Y Lebon, n'a pas saisi toutes le possibilités de Tino Rossi qui a quand même fait une jolie carrière ..... Encore longue vie et beaucoup de bonheur à Mme Y. Lebon
RépondreSupprimerDu bonheur, elle en a eu sûrement davantage que les victimes de ses amis de la Gestapo française.
RépondreSupprimerces filles sont des courtisanes, qui vont là où le vent souffle, même si ça ne sent pas très bon... après, elles jouent les étourdies sans "conscience" politique et...on leur pardonne! ainsi va la vie (même si tout le monde n'a pas la mémoire courte)
RépondreSupprimerElle était tout sauf une courtisane. Elle a su se retirer quand il le fallait du cinéma. Elle s'est mariée et a eu des enfants. D'ailleurs, un de ses fils est le dirigeant d'une grande multinationale américaine. Les courtisanes finissent mal, c'est pas son cas.
SupprimerElle est partie cet été...
RépondreSupprimerTout le monde l'avait oublié depuis longtemps et on savait bien pourquoi ....
RépondreSupprimerJean harle est en fait Jean Harlow
RépondreSupprimerRidicule. Si fréquenter les Allemands pendant la guerre suffisait à faire d'elle une collabo, que dire d'Arletty qui elle en avait un dans son lit à la même époque. Arletty ou Yvette Lebon ont cotoyé (y compris de très près) des Allemands, cela ne les rend en rien complices des actes des autres. Sinon le cinéma d'après guerre aurait été bien désert. D'ailleurs si Madame avait eu une vraie conscience politique collaborationiste elle n'aurait jamais épousé un Nathan Waschberger, et encore moins d'avoir un fils de lui ! Que les héros justiciers, du haut de leur confort actuel, se demandent s'ils n'auraient pas, eux aussi, accepter de se compromettre à l'époque pour pouvoir survivre. C'est toujours facile d'être moralisateur à l'encontre des autres quand on juge leurs actes 70 ans après au coin du feu.
RépondreSupprimerEn ce qui concerne Arletty à qui on lui reprochait sa liaison avec un officier allemand elle répondit: il ne fallait pas les laisser entrés:
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